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Les lods des Hauts de Rouen

Sur les Hauts de Rouen, on les appelle « les verre et acier ». C’était, pour ne pas critiquer l’esprit de Monsieur Lods, construire vite et bien, vite oui, mais que peut-on dire de bien ? C’est là où tout devient brûlant :

Paroles d’habitant :

Monsieur Jean :

En 1981, en allant au collège George Braque qui se trouve juste en face de ces immeubles, j’ai vu les dégâts du feu, toute une face presque calcinée, et dans ce bilan tragique, un homme et son fils avaient péri dans les flammes.

Madame Isabelle :

Moi, je me rappelle le choc d’entendre que dans l’incendie un homme et son fils sont morts, je ne comprends pas pourquoi ils ont laissé continuer …

Les pompiers parlent d’eux-mêmes : « C’est avec des sueurs froides que nous intervenons, j’espère qu’ils ni n’y aura pas de nouvelles victimes dans ces constructions ».

Vient ensuite le désespoir des familles, ceux qui y habitent et qui ne peuvent pas rentrer chez eux sans crainte : « qu’est-ce qu’il va nous arriver ». Il faut le dire franchement : « les lods c’est un nid d’allumettes où à tout moment tout peut s’embraser rapidement ».

Mais pourquoi avoir attendu autant de temps ? Tant de souffrance ? La mort des autres nous est-elle indifférente au point d’oublier un principe ?

Le cerveau de la politique

Etre ou ne pas être : telle est la question

Le principe de précaution ? Késaquo ? Ce n’est pas parce qu’un danger n’est pas visible qu’il n’existe pas. Mais, vous allez me dire que rien ne prouve qu’il existe ? Après tous ces évènements funestes, familles endeuillées, des enfants qui ont péri dans les flammes, il y avait plus que matière à réfléchir, des signes qu’il fallait tirer l’alarment.

 

Après tout ça, malheureusement, « AUCUN PRINCIPE DE PRÉCAUTION N’A ÉTÉ PRIS ? ». Il y a une certaine honte de voir qu’il était possible de faire une table ronde avant tous ces évènements tragiques pour trouver une solution avec les habitants, saurait été pour le bien de chacun.

lods des hauts de Rouen

Une destruction qui s’accompagne de beaucoup de poussière.

Durant la destruction, je prends des photos, un homme qui promenait son caniche s’avance vers moi.

Vous ! … Ne restez pas ici, avec cette poussière !

Je lui réponds : « Monsieur, vous parlez de la poussière d’amiante ? Des travaux de curetage ont été réalisés, logiquement il n’y pas plus d’amiantes ».

Sa réponse a été sèche, « Pardon ? Logiquement ? Cela fait très longtemps que j’habite ici ! J’ai vu la construction ! Je sais qu’ils contiennent beaucoup d’amiantes ! Cela m’étonnerait énormément que dans ces poussières ils ne restent pas encore de l’amiante, par principe de précaution ils auraient dû arroser le bâtiment pour diminuer les risques avant de le détruire ! ».

En hochant la tête pour remercier ce retraité, et par « principe de précaution » je me précipite vers ma voiture pour quitter ces lieux pesants dont l’histoire a été écrite avec du sang, je me retourne vers les derniers lods qui restent et je me suis dit : « que dieu préserve les derniers locataires … Amen ».

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